Comment aborder le végétarisme avec son enfant ?

«Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. S’il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une voiture neuve ! » (Harvey Diamond)

 

Récemment, je me suis posé cette question : comment aborder la question du végétarisme avec son enfant, lui faire comprendre la réalité de la cause animale sans pour autant l’effrayer ?

Mon aînée, qui aura bientôt 6 ans, est très sensible aux autres en général et en empathie totale avec les animaux. Je vous avais raconté il y a peu un épisode traumatisant pour elle, suite à la découverte d’un oiseau mort. Elle a maintenant compris pourquoi mon mari et moi sommes végétariens, et adhère à ce choix, voire même le revendique. Pour nous c’est une belle victoire !

En revanche, sa petite soeur de 3 ans et demi, même si elle réclame de moins en moins  de viande, adore le jambon, le poulet, les saucisses…comme beaucoup d’enfants de son âge. Je m’interroge donc sur le point suivant : comment la sensibiliser à cela ? Comment lui expliquer pourquoi à table il n’y a pas de jambon ce midi ?

La question ne se poserait pas de la même façon pour nous si nous avions fait adopter d’emblée un régime végétarien à notre fille. Mais mon mari et moi avions repris un régime carné à la naissance de notre aînée, aussi les « mauvaises » habitudes ont été prises.

UNE EMPATHIE NATURELLE…MAIS PAS QUE !

Selon moi, les enfants sont naturellement sensibles aux animaux, et n’ont pas envie de leur faire de mal. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les nombreuses de vidéos circulant sur la toile et montrant des enfants pleurant ou s’opposant quand on leur annonce que la viande est en fait issue d’animaux morts. Mes filles, tout comme la majorité des autres enfants, vont s’attendrir devant un petit poussin, un chat, un poney, un veau auprès de sa maman…et vouloir les câliner et devenir leur copine.

Seulement voilà : ma petite belette adore le jambon. Même quand on lui dit que le jambon, c’est du cochon, comme Peppa Pig ( spéciale dédicace aux mamans de jeunes enfants, hum…!), et bien sa réaction c’est « Mmmm Peppa Pig »…

Bon ok, là, on fait carrément fausse route ! Mais pourquoi veut-elle croquer Peppa Pig ?

 JE ME LANCE…VOICI MA « THEORIE DU GRAND MECHANT LOUP » !

« …Alors, le grand méchant loup entra dans la maison, se rua sur la grand-mère et l’avala d’un coup!… » Je me jette alors sur ma petite belette pour faire semblant de la croquer et en profiter pour la manger de bisous. Elle rit de son rire plein et éclaboussant de bonheur et en redemande. 

  • « Grrrrr, je vais te manger…!
  •  Non, méssant loup, non !  
  •  Bah, même pas un petit bras ? Un petit bout de nez…?    
  •  Boooon d’accord maman, tiens… »

Et ma petite de faire semblant de prendre un morceau de son bras, sa joue ou son petit nez et de me le tendre pour que je le déguste. Miam miam….!

Pas étonnant, face à ce cannibalisme amoureux, que notre petite ne voie pas de problème à manger les animaux qu’elle adore ! Chez nous, se croquer et se dévorer (de bisous) est une façon de se dire qu’on s’aime en s’amusant. Donc quoi de mal à croquer un animal tout mignon ? On l’aime, non ?!

En tout cas, c’est ma façon d’interpréter les choses (et je ne suis pas une spécialiste du sujet, loin de là…)

sensibiliser son enfant au sort des animaux

Je crois qu’il faut vraiment, pour qu’il comprenne ce que manger un animal signifie, que l’enfant ait intégré la notion de mort, ou de souffrance.

Ma grande a compris l’essence de la mort et de la perte très tôt par rapport aux autres enfants. Dès 3 ans, elle avait des angoisses de mort très présentes. Aujourd’hui, elle est consciente de ce que cela représente et du caractère définitif et inévitable de la chose. Elle est donc capable de comprendre qu’un animal qu’on mange est un animal mort, qu’il ne profitera plus de la vie et ne reviendra pas.

Sa petite soeur, plus insouciante et espiègle, ne semble pas du tout concernée par la chose. Et tant mieux ! Pour elle, la mort est un vague truc qui fait qu’on ne bouge plus, comme une mouche morte qu’on peut trouver dans la maison…mais elle ne comprend pas encore tout ce que cela implique.

COMMENT AMENAGER LES REPAS DE SON ENFANT POUR FAIRE UNE PLACE AU VEGETARISME ?

Actuellement, nos enfants ne mangent jamais de viande chez nous. Au restaurant, ou à l’extérieur, elles sont libres de manger ce qu’elles veulent. Nous n’avons pas envie de les brimer ou de leur faire vivre le végétarisme comme une contrainte ou une punition.

Pour sensibiliser notre petite au végétarisme, voici ce que nous faisons :

  1. Nous avons commencé par diminuer progressivement les apports en viande à la maison. Elles ont été compensées par des substituts (haché végétal pour les pâtes bolognaise, nuggets de soja et blé, etc…) ou par des plats nouveaux (galettes de céréales, lentilles, quiches aux légumes et tofu soyeux, samoussa aux épinards et au chèvre…). Si vous voulez plus de détail, vous pouvez télécharger mon bonus gratuit en remplissant le formulaire en bas de l’article ou sur le côté droit de la page.
  2. Quand notre fille nous demande de la viande, nous lui répondons simplement qu’à la maison nous ne mangeons pas les animaux, parce que nous ne voulons pas leur faire de mal.
  3. Nous valorisons régulièrement les repas végétariens, en nous félicitant de n’avoir mangé aucun animal et de faire du bien à notre corps.

enfant vegetarien

 

Et vous, comment faites-vous ? Partagez votre expérience dans les commentaires  😉

 

 

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5 thoughts on “Comment aborder le végétarisme avec son enfant ?

  1. Hello
    en te lisant me vient une remarque, ne penses tu pas trop insister sur la notion de « mort? »

    Je suis végétarienne, mon mari « flexitarien » (il mange de la viande une fois par semaien, ou à l’extérieur) et les enfatnts aussi
    Je sui sdevenue végétarienne en premier et les atures continuaient à manger « normalement, puis mon mari a décidé de réduire sa consommation autant que possible (pour lui).
    Donc on mange vegetarien presque tout le temps. Les enfants mangent parfois un peu de jambon, et parfois des saucisse (ça doit être uen fois par semaine en gros)
    A l’extérieur ils mangent ce qu’ils veulent.
    Par contre moi je n’ai rien expliqué. On amnge pas de substitut globalement. On mange stt légumineuse, légumes, céréales, préparé de différentes façons, lis ne réclament jamias de viande (ça doit aider) masi il ya des plats qu’ils aiment plsu ou moins
    Du coup je n’ai jaamis expliqué, si on me demande ce que c’est (par exemple le jambon) je répond un cochon. et si pas d’autres questions je ne rajoute rien.

    ma fille (5 ans) commence à poser des qusetions plus profondes, et je pense bientôt me pencher sur la litterature enfantine et le vegetarisme pour lui offrir un livre (elle est très sensible à la lecture) pour lui expliquer. L’autre jour elle m’a demandé en promenant (alors que je n’avais rien dit) si on mangeait les poissons, et aussi les canards etc.. je lui ai répondu que oui, et que omi par exemple je ne les mangeait pas parce que je ne voualis pas que des animaux meurent pour que je puisse manger;
    elle m’a dit « oh mais moi non plus »;
    je n’explique rien à mon fils e 2 ans et demi, je le trouve trop petit, et je veux pas l’angoisser.
    Je pense (et là ce n’est que mon avis hein) que ne plus manger de viande dans une société qui s’en nourrit majoritairement, doit être un choix personnel. Qu’ils mangent végé à la maison je trouve ça normal, qu’ils goûtent de la viande ne me dérange pas. Mais la réflexsion de le faire réellement par conviction, j’estime qu’elle leur appartient et je pense d’ailleurs qu’ils changeront mille fois d’avis d’ici l’âge adulte (avec les copains, l’opposition à l’adolescence etc) bref je crois qu’un choix éthique vient d’abord d’une réflexion, donc moi je dirais les sensibiliser oui, stt s’ils sotn en demande, si pour l’instant ils sont pas dans cette demande là, je me lancerais pas dans des explications, j’ai tjs pensé que les enfants posaient des questions quand ils étaient prêts à entendre les réponses.
    donc si la réponse nes les interesse pas, je n’insiste pas.

    1. Bonjour Lilly, et merci pour ton commentaire.

      Je pense que nous devons avoir à peu près la même façon de faire avec nos enfants, et je suis étonnée que tu trouves que j’insiste sur la notion de mort. C’est venu très tôt avec notre aînée, qui va avoir 6 ans, parce qu’elle est à la fois très sensible (et a eu conscience de la mort très tôt, dès ses 3 ans, sans qu’on lui en parle) et très curieuse. Elle pose sans arrêt 1 000 questions sur le pourquoi du comment ! Donc les explications sont venues suite à ses questionnements.

      En revanche sa petite soeur n’y pense pas et nous ne lui en parlons pas. Je réponds simplement à ses questions et ne lui parle pas de la mort alors qu’elle n’aborde jamais le sujet. Nous lui disons juste qu’on ne veut pas manger les animaux pour ne pas leur faire de mal.

      A l’école, chez nounou, au restaurant, comme je le dis dans l’article, les filles mangent ce qu’elles veulent et je ne les forcerai pas au végétarisme. Libre à elles de poursuivre dans cette voie ou non quand elles seront grandes, mais il est de notre rôle de parents de les sensibiliser aux causes qui nous tiennent à coeur (et pour mon mari et moi c’est un engagement important), avec les outils et les explications qui conviennent à leur âge et à leur compréhension du monde 🙂

      Au plaisir d’échanger avec toi !

  2. ah d’accord j’avais compris que tu en parlais à la petite pour lui expliquer pourquoi vous en mangiez pas 😉
    Ma fille aussi est très interessée par la mort, même si pour l’instnat elle prend ça avec « légéreté « (si je peux dire.. enfin ça lui cause pas d’angoisse, c’est un questionnement mais ça la perturbe pas quand on lui dit que quand on est mort on arrête de vivre et qu’on va tous mourir un jour)

    APrès je partage ton point de vue sur l’ensemble, si mon mari était aussi végétarien « tout le temps » je pense qu’à la maison je leur proposerais aucune viande, tout en les laissant goûter à tout en dehors selon leur volonté.
    Après c’est vraiment récent qu’elle s’interesse, avant elle ne posait pas de question.
    Pour ça que je pense que je vais lui prendre un petit livre qui traite du sujet, pour la faire réfléchir maintenant qu’elle en ressent l’envie (visiblement).

    APèrs globalement mes enfants n’ont jamais été trs viande, je dis pas qu’ils aiment pas le saucisson, mais quand on est passé à un régime quasi végétarien pour eux, ils ont jamais réclamé. Je sais pas ce que je ferais dans ce cas là, comme pour ta plus jeune.

    Bref c’était pas un jugement 😉 Je trouve que totues les façons de faire sont tout à fait positives, même les parents qui n’autorisent pas (enfin dans la mesure de l’âge de l’enfant, on impose pas ce uq’on veut à un ado) les enfants à manger de la viande à l’extéieur, ça ne me choque pas du tout, je pense pas que c’est mieux ou moins bien 😉
    Libre à chacun de faire ce qui lui semble le plus en accord avec ce qu’li croit, et tant mieux aussi si de plus en plus d’enfnat sont élevés comme ça, ils seront peut être la génération qui changera enfin notre façon de traiter les animaux.

    1. Je vais chroniquer prochainement des livres pour enfants qui abordent gentiment le végétarisme, ça pourra te donner des idées 😉

      Après, ce qui est rassurant avec ma petite qui réclamait du jambon et du poulet très souvent au début, c’est que moins on mange de viande moins elle en réclame. Ca s’ancre de plus en plus dans les habitudes et c’est cool 🙂

      Belle journée à toi !

  3. Bonjour Amélie !
    Je pense qu’à force de me voir laisser des commentaires sur ton site, tu finis par savoir à l’avance ce que je vais écrire…
    Mais bon.
    Une fois de plus (et comme d’habitude !), j’apprécie qu’en tant que médecin, tu abordes d’emblée comment convaincre les enfants d’ACCEPTER de ne pas manger de viande, plutôt que de te justifier de NE PAS LEUR DONNER DE LA VIANDE, – source de « carence » d’après tous les commentaires « avisés » que j’entends depuis des dizaines d’années.
    Une « bonne mère », avant ton blog, était TENUE de donner de la viande à ses enfants « jusqu’à l’âge adulte », jusqu’à ce que « leurs os soient formés »… « Ensuite ils pourront choisir », ai-je entendu constamment, JUSQUES A … ton blog !
    Encore une fois, merci à toi de nous déculpabiliser.
    Once again, once more, CONTINUE !
    Amicalement,
    Anka.

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