« Retirons les animaux du menu » – Le poignant discours de Philip Wollen

Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue – Victor Hugo

Philip Wollen est un philanthrope australien. Ancien vice-président de Citibank, il est devenu vegan peu après avoir quitté son poste. Il est aujourd’hui un fervent défenseur de la cause animale dans le Monde et a reçu l’Award du « Vegan de l’Année » en 2014.

Le discours, dont je vous ai posté la vidéo et la retranscription ci-dessous, a été donné à l’occasion d’un débat « Animals Should Be Off The Menu » qui s’est tenu à Melbourne en 2012. C’est mon mari qui m’a fait découvrir cette vidéo il y a quelques semaines seulement. Ce discours m’a bouleversée, de par son côté poignant, mais aussi par la violence de la réalité des faits qu’il relate. Philip Wollen réussit à condenser, en 10 petites minutes, toutes les raisons qui font que nous devons changer notre façon de voir les choses en matière d’alimentation et de consommation de viande : y sont évoqués le spécisme, la pollution environnementale, les conséquences pour la santé d’un régime carné, le problème de la faim dans le Monde et de l’épuisement des ressources, l’industrie de l’élevage…

Si vous avez face à vous une personne sceptique par rapport au végétarisme ou au veganisme, montrez-lui cette vidéo et elle sera vite à court d’arguments.

Visionnez cette vidéo, prenez-vous 10 petites minutes pour écouter ce discours du début à la fin : vous vous rendrez un grand service.

Voici l’intégralité de la retranscription du discours :

Le Roi Lear, tard dans la nuit sur la falaise demande au comte de Gloucester aveugle « Comment voyez-vous le monde? »
Et l’aveugle Gloucester répond: «Je le vois avec mes sens ».
Ne devrions-nous pas tous le voir ainsi?

Les animaux doivent être hors du menu, car ce soir ils hurlent de terreur dans les abattoirs, dans les caisses et les cages, vils et ignobles goulags de désespoir. J’ai entendu les cris de mon père mourant alors que son corps était ravagé par le cancer qui l’a tué. Et je me suis rendu compte que j’avais déjà entendu ces cris avant. Dans les abattoirs…les yeux arrachés et les tendons coupés, sur les navires bétaillers en direction du Moyen-Orient et chez la mère baleine mourante, quand un harpon explose dans son cerveau, alors qu’elle appelle son baleineau. Leurs cris étaient les cris de mon père. J’ai découvert que dans la souffrance, nous sommes tous égaux. Et dans leur capacité de souffrir, un chien est un cochon est un ours, est un garçon.

La viande est le nouvel amiante, plus meurtrière que le tabacLe CO2, le méthane, et l’oxyde nitrique provenant du secteur de l’élevage tuent nos océans, créant des zones mortes acides et hypoxiques. 90% des poissons de petite taille sont broyés en granulés pour nourrir le bétail. Les vaches végétariennes sont aujourd’hui les plus grands prédateurs marins. Les océans meurent. En 2048 toute l’industrie de la pêche sera morte. Les poumons et les artères de la terre.

Des milliards de petits poussins sautillants sont broyés vivants, simplement parce qu’ils sont des mâles. Seulement 100 milliards de personnes ont déjà vécu sur Terre. Sept milliards y vivent aujourd’hui. Et nous torturons et tuons 2 milliards d’animaux chaque semaine. Dix milles espèces entières sont anéanties chaque année par les actions d’une seule. Nous sommes maintenant face à la sixième extinction de masse de l’histoire cosmologique. Si n’importe quel autre organisme faisait ça, les biologistes l’appelleraient un virus. Il s’agit d’un crime contre l’humanité aux proportions inimaginables.

Mais heureusement, le monde est en train de changer. Il y a dix ans Twitter était un bruit d’oiseaux, www un clavier bloqué, les nuages étaient dans le ciel, 4G était une place de parking, Google était un rot de bébé, Skype était une faute de frappe et Al Qaïda était mon plombier.

Victor Hugo a dit «Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue ».

Les droits des animaux sont maintenant la plus grande question de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage. Il ya plus de 600 millions de végétariens dans le monde. C’est plus grand que les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Canada, et l’Australie réunis! Si nous étions une nation, nous serions plus grands que les vingt-sept pays de l’Union européenne! Malgré cette empreinte massive, nous sommes toujours etouffés par ces cartels tapageurs qui chassent, abattent et tuent, croyant que la violence est la réponse – alors qu’elle ne devrait même pas être une question !

La viande est une industrie qui tue – les animaux, nous et nos économies.
Medicare (assistance médicale aux personnes âgées) a déjà ruiné les Etats-Unis. Ils auront besoin de 8 milliards de dollars investis en bons du Trésor juste pour payer les intérêts. Ils en ont exactement zéro ! Ils pourraient fermer toutes les écoles, l’armée, la marine, l’armée de l’air, et les Marines, le FBI et la CIA – et ils ne seront toujours pas en mesure de payer.

Les universités de Cornell et Harvard ont dit que la quantité optimale de viande pour une alimentation saine, c’est précisément ZERO.

L’eau est le nouveau pétrole. Les nations iront bientôt faire la guerre pour ça. Les aquifères souterrains qui ont pris des millions d’années pour se remplir sont à sec. Il faut cinquante milles litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. Aujourd’hui un milliard de personnes ont faim. Vingt millions mourront de malnutrition. Réduire de 10% seulement la consommation de viande pourrait nourrir 100 millions de personnes. L’élimination de la viande mettra fin à jamais la famine.

Si tout le monde avait un régime alimentaire occidental, nous aurions besoin de deux planètes Terre pour les nourrir. Nous n’en avons qu’une seule. Et elle est en train de mourir. Les gaz à effet de serre provenant du bétail sont de 50% plus élevés que le transport. . . . . avions, trains, camions, voitures, et bateaux. Les pays pauvres vendent leurs céréales à l’Occident, alors que leurs propres enfants meurent de faim dans leurs bras. Et nous en nourrissons le bétail pour pouvoir manger un steak?! Suis-je le seul à voir cela comme un crime? Chaque morceau de viande que nous mangeons est une gifle au visage baigné de larmes d’un enfant affamé.

Quand je regarde dans ses yeux, dois-je rester silencieux ? La terre peut produire assez pour les besoins de chacun, mais pas assez pour la cupidité de tous. Nous sommes face à la tempête parfaite. Si une nation avait mis au point des armes pouvant causer de tels ravages à la planète , nous lancerions une attaque militaire préventive et la bombarderions jusqu’à l’Age du Bronze. Mais il ne s’agit pas d’un Etat dévoyé. Il s’agit d’une industrie. La bonne nouvelle est que nous n’avons pas à la bombarder. Nous pouvons tout simplement ne pas acheter. George Bush a eu tort. L’Axe du Mal ne passe pas par l’Irak, l’Iran ou la Corée du Nord. Il passe par nos tables. Les armes de destruction massive sont nos couteaux et fourchettes.

Notre proposition est le couteau suisse de l’avenir – il résout nos problèmes environnementaux, de santé, d’eau et met fin à la cruauté pour toujours .
L’âge de pierre n’a pas pris fin parce que nous n’avions plus de pierres. Cette industrie cruelle prendra fin parce que nous finirons par manquer d’excuses. La viande est comme les pièces de 1 et 2 cents. Elle coûte plus cher à fabriquer que ce qu’elle vaut.

Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus à gagner. Ce ne serait pas la fin de l’agriculture mais son essor. Seule la ligne de produits changerait. Les agriculteurs gagneraient tellement d’argent qu’ils ne prendraient même plus la peine de le compter. Les gouvernements nous aimeraient. De nouvelles industries émergeraient et prospéreraient. Les primes d’assurance santé seraient en chute libre. Les listes d’attente dans les hôpitaux disparaîtraient. Bon sang nous serions en si bonne santé que nous aurions à tirer sur quelqu’un juste pour ouvrir un cimetière! »

Alors ce soir, j’ai deux défis pour l’opposition:
1. La viande provoque un large éventail de cancers et de maladies cardiaques. Vont-ils nommer une maladie causée par un régime végétarien?
2. Je finance la trilogie « Earthlings ». Si l’opposition est si sûr de son opinion, je les mets au défi d’envoyer le DVD d’ « Earthlings » à tous leurs collègues et clients. Allez-y, je vous met au défi !

Les animaux ne sont pas seulement d’autres espèces. Ils sont d’autres nations. Et nous les assassinons à nos risques et périls.

La carte de la paix se dessine sur un menu. La paix n’est pas seulement l’absence de guerre. C’est la présence de la Justice. La justice doit être aveugle à la race, la couleur, la religion ou aux espèces. Si elle n’est pas aveugle, elle sera une arme de terreur. Et il y a une terreur inimaginable dans ces horribles Guantanamo que l’on appelle fermes industrielles. Si les abattoirs avaient des murs de verre, nous n’aurions pas besoin de ce débat.

Je crois qu’un autre monde est possible. Par une nuit tranquille, je peux l’entendre respirer.

Mettons les animaux hors du menu et de ces chambres de torture.

S’il-vous-plaît votez ce soir pour ceux qui n’ont pas de voix.

Merci.

S’il vous plaît, partagez cet article pour diffuser ce brillant discours au plus grand nombre.

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« Le paradoxe de la viande », un bel exemple de dissonance cognitive


La dissonance cognitive

Qu’est-ce qui se cache derrière ce terme un tantinet compliqué et rébarbatif de dissonance cognitive ?

La dissonance cognitive est une théorie élaborée par le psychosociologue américain Leon Festinger en 1957.

Selon cette théorie, lorsque nos actes entrent en conflit avec nos croyances et convictions profondes, nous ressentons alors un inconfort, que l’on appelle dissonance cognitive.

Voici un exemple de dissonance cognitive auquel je viens d’être confrontée. Je vous situe le contexte : une grande réunion de famille au restaurant,  4 types de menus commandés à l’avance par nos hôtes (surprise, pas de carte!), aucun végétarien dans l’assemblée bien au contraire, je n’avais pas anticipé cette sortie ou appelé le restaurant pour avoir un plat végétarien. Et là, je me retrouve face à une serveuse qui me demande si je veux « le boeuf, le poisson, le canard ou le poulet? » Visiblement seule la viande compte car on ne nous indique même pas de quoi les viandes sont sensées être accompagnées….

Conviction   « Je suis végétarienne et je refuse de cautionner la souffrance animale »

Comportement     » Euh…..Je vais prendre le poulet…[soupir] »  Bon et bien voilà un bien bel exemple de dissonance cognitive et de cris intérieurs refoulés !! Inutile de vous préciser que je n’ai pas DU TOUT apprécié mon repas !

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Vous comprenez le concept ?

Le mental n’aimant pas du tout l’inconfort, il va tout faire pour réduire cette dissonance. Comment va-t-il s’y prendre ?

  • Changer de comportement, afin que ses actes et ses croyances soient en adéquation. Bien qu’apparemment évidente, cette option est la moins utilisée, car nous sommes en général réfractaires au changement et préférons mettre en place tout un tas de processus psychologiques nous permettant de rester dans le statu quo plutôt que d’emprunter la voie du changement. D’ailleurs je n’ai pas demandé à avoir une assiette sans viande…
  • Changer la croyance ou cognition, la rationaliser différemment, afin que notre comportement soit vécu comme plus acceptable : « Bon, oui, je mange de la viande aujourd’hui, mais dès demain je reprends mon régime végétarien. C’est exceptionnel…et puis on peut bien faire une entorse de temps en temps, non? « 
  • Réinterpréter le comportement : « Arf, tout le monde prend de la viande, si je demande à changer mon assiette je vais passer pour une emmerdeuse…Et puis ça fait plaisir à mamie de nous inviter, je ne voudrais pas lui faire de la peine. La meilleure chose à faire est de manger mon assiette de poulet. »

 

 le paradoxe de la viande

Je suis tombée récemment sur une vidéo très claire et très ludique à ce sujet, qui illustre parfaitement ce que l’on appelle « Le paradoxe de la viande ». Elle dure à peine plus de 3 minutes, je vous laisse la regarder et on se retrouve juste après.

 

Voici donc, très bien illustrés, un échantillon des processus en cours dans notre esprit lorsque nous mangeons de la viande. Comme moi, vous connaissez sûrement un grand nombre de carnistes qui ne feraient pas de mal à une mouche et seraient incapables de tuer un animal pour le manger…Comment font-ils alors pour apprécier leur entrecôte saignante ? Et bien leur mental a recours à ces stratégies permettant de diminuer la dissonance cognitive.

Il faut dire que l’industrie agroalimentaire est bien placée pour travailler dans ce sens : à coup de marketing et de publicité bien placée on croirait presque que les animaux sont heureux qu’on les mange !! En témoigne cette pub qui me choque profondément, et que vous avez certainement déjà vue :

Nous achetons du jambon, du rôti ou des filets de poulet sous cellophane, avec une jolie image dessus, et cela nous convient parfaitement. L’image de l’animal souffrant est complètement occultée au profit de caricatures grotesques, clichés champêtres et slogans racoleurs.

Et ne parlons pas du chemin de souffrance qu’est la vie des animaux d’élevage, ni de leurs conditions d’abattage : tout ceci est bien opaque, occulté de nos yeux et de nos pensées, afin que nous puissions manger des chicken wings bien tranquilles affalés dans notre canapé.

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J’ai tout de même l’impression que les campagnes de L214, filmant la réalité des abattoirs en caméra cachée, commencent à faire prendre conscience de la réalité de l’élevage industriel à une partie de la population. Bien que leur façon de faire puisse choquer, voire braquer certains esprits, au moins nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas ce qu’il se passe et que les animaux ne souffrent pas. Reste après le chemin le plus difficile à parcourir, celui du changement de comportement, avec ses aller-retour, ses grands moments de motivation et ses moments de doute.

Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruauté, pour organiser à l’échelle mondiale l’oubli ou la méconnaissance de cette violence.   Jacques Derrida, philosophe.

pourquoi cet article ?

Il était pour moi super important de vous parler de ce sujet aujourd’hui, pour plusieurs raisons :

  • la dissonance cognitive sous-tend nos comportements, et c’est pour moi un concept très important à saisir. Cette théorie illustre bien nos petits conflits intérieurs et nos façons parfois un peu trop faciles de les résoudre en évitant bien de changer quoi que ce soit à notre mode de vie. Néanmoins, il est possible de décider de vivre notre vie différemment et en accord avec nos convictions profondes. Vous trouverez quelques clés pour avancer dans un de mes précédents articles Comment inviter le changement dans votre vie ?
  • Je voulais vous relater cet exemple du restaurant cité plus haut, car je n’en suis pas fière du tout ! J’ai créé ce blog pour vous parler de ma démarche, de mon cheminement, et partager avec nous mes succès comme mes échecs. Voici donc un bel échec sur un plateau !
  • Identifier ces moments de dissonance, ce qui s’est joué dans notre esprit à ce moment précis (et vous verrez, ces moments sont nombreux), et les analyser permet également de mieux se connaître et d’avancer plus sereinement. La prochaine fois que je serai invitée à ce type d’événement, je tâcherai d’anticiper la chose afin de ne pas me trouver en difficulté le moment venu.

J’espère que cet article vous sera utile, partagez-le si vous l’avez apprécié !!

 

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Foie gras. 50 nuances de souffrance.

Une petite fille a mis sa plus jolie robe et des paillettes autour des yeux. La nuit s’installe doucement et la maison embaume de délicieuses odeurs. Toute la famille est réunie pour le réveillon de Noël. Et comme tous les ans, tout le monde se régale d’un délicieux foie gras. C’est un cérémonial, presque sacré, le seul moment de l’année où l’on peut en manger. La petite fille en tartine un petit morceau sur un toast chaud et trouve qu’elle n’a jamais rien mangé d’aussi bon.

Des années après, elle trouve toujours autant de plaisir à en déguster, accompagné d’un délicieux vin blanc et d’un chutney aux figues, de fleur de sel ou de pain d’épice. Toujours le même plaisir d’y goûter et de se remémorer, comme une madeleine de Proust, tous ces souvenirs de famille qui lui sont chers.

Je suis cette petite fille.

J’adore le foie gras. A m’en faire exploser le bide. Moi qui n’aime pas les abats, et qui suis assez « chochotte » dès qu’il s’agit de manger de la chair animale, rien n’y fait. Même en me persuadant que je mange un organe malade, d’un animal gavé toute sa vie, j’ai quand même envie d’en manger. Aller au resto dans le Périgord et ne pas en commander me demande un effort surhumain !!

Et pourtant j’ai décidé d’abandonner ce petit plaisir, somme toutes, assez égoïste.

Voici ce qui m’a décidée à changer de comportement :

 Cette vidéo de L 214 m’a enfin permis d’ouvrir les yeux et d’arrêter de faire l’autruche concernant le problème du foie gras. En plus d’être élevés en batterie et tués massivement, ces animaux sont torturés toute leur vie.

Maintenant, dès que l’envie vient de me titiller face à une carte de restaurant ou pendant les fêtes, je repense à ces images, à cette réalité honteuse et affligeante, et je mets de côté cette « carte postale » de l’animal heureux élevé en plein air qu’on essaie de nous vendre à coup de marketing bien rodé.

Arrêtons de nous faire manipuler et ouvrons les yeux !

Au-delà de la problématique du foie gras, cet article résume LA raison principale pour laquelle j’essaie de ne plus consommer de produits d’origine animale. Je refuse décemment de cautionner tant de souffrance. Et je défie quiconque n’est pas psychopathe d’avoir envie de manger une tranche de foie gras après avoir regardé cette vidéo (sans fermer les yeux, hein, sinon ça vaut pas!)

J’ai été interrogé par un employé du recensement…J’ai dégusté son foie avec des fèves au beurre et un excellent chianti.

N’oubliez pas de partager l’article si vous avez aimé le lire 😉