végétarisme plaisir

Végétarisme et plaisir

1.ENTRECÔTE & CHASSEURS-CUEILLEURS

J’ai récemment lu un article de Libération intitulé « Et le plaisir de manger de la viande? » qui m’a fait bondir sur mon siège. Photo de viande grillée à l’appui, l’auteur nous emmène dans des contrées lointaines, jusqu’à l’Odyssée d’Ulysse, pour évoquer le caractère ancestral et sacré de la consommation de la viande…La fameuse allusion aux chasseurs-cueilleurs, et à la consommation de viande qui soude un collectif, est de nouveau de sortie dans cet article, évoquant des rituels faisant appel à un imaginaire puissant et apparemment « pas près de disparaître ».
Sommes-nous des personnages de mythologie ? Vivons-nous en pleine préhistoire actuellement, avec la nécessité de chasser pour survivre ? Non, non, mille fois non, et je ne comprends pas qu’on puisse décemment publier un article pareil. Des milliards d’animaux sont tués dans des conditions abominables chaque année, la planète se meurt avec la 6ème extinction de masse des espèces, l’élevage intensif est responsable de 80% de la déforestation en Amazonie, et on vient me parler d’un plaisir égoïste et soi-disant ancestral ? Mais réveille-toi, auteur-de-cet-article-pourri !

La lecture de cet article a fait écho à une réflexion qu’un de mes amis a eue à plusieurs reprises au cours de discussions que nous avions au sujet du végétarisme ou du veganisme. Il s’agace beaucoup au sujet  des substituts aux produits carnés : burgers ou nuggets végétariens, et surtout les fromages végétaux. « Eh les gars, si vous voulez manger du fromage, mangez-en !! Mais arrêtez de dire que vous êtes contre et de vouloir à tout prix trouver des produits qui essaient de les reproduire ! » On sent qu’il ne comprend pas, et que ça l’énerve au plus haut point. Comme si toute cette histoire de végétarisme ou de veganisme n’était qu’une immense hypocrisie. Et je peux comprendre son point de vue : c’est vrai que refuser de manger du fromage et essayer à tout prix d’en retrouver la saveur peut paraître relever de la psychiatrie…mais on ne pense de cette façon raccourcie que si on raisonne par l’axe du PLAISIR IMMÉDIAT, quand on ne cherche pas à élargir sa vision du monde et qu’on voit les choses « par le bout de sa lorgnette ».

      J’ai trop envie d’une bonne entrecôte ⇒ je vais chez le boucher ⇒ je l’achète ⇒ je la mange.          C’est sûr, ce schéma est simple, rassurant et ne demande aucun effort. On satisfait une envie primaire sans se poser de questions et en ne pensant qu’à son plaisir. Pourquoi s’emm**der à manger un truc à base de soja quand on pourrait s’éclater avec une bonne viande du boucher du coin ?? Vu sous cet angle, le végétarisme/véganisme ne peut pas être compris et la consommation de substituts parait ridicule. Allez, laisse ton tofu et ton quinoa et viens manger des grillades avec nous !     

2. SAUCISSES DE tofu vs brocolis

La question à se poser ici est la suivante : pourquoi les vegans ne mangent-ils pas de fromage ?(ça marche aussi avec les végétariens et la viande ^^) Est-ce parce qu’ils n’aiment pas le fromage, ou est-ce à cause d’une autre raison ? Hum, mystère…Pour vous aider à répondre à cette épineuse question, je vais vous raconter ma vie et vous parler de brocolis (si si, vous allez voir, ça a un rapport…enfin j’espère).

Beurk…

Je DÉTESTE les brocolis : la texture, le goût, l’odeur, pour moi c’est juste impossible de trouver ça bon. Pour vous dire, quand j’en ai dans mon assiette j’ai l’impression d’avoir été punie…Donc, vous vous doutez bien que je n’en mange jamais, sauf quand mes filles réclament de la purée de brocolis…elles en raffolent…ça me désespère… Si personnellement je n’en mange pas, ce n’est pas par conviction anti-souffrance-des-brocolis, mais parce que manger des brocolis ne me procure aucun plaisir (voire même me dégoûte). Et est le point crucial. Quand on devient végétarien/vegan, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas le goût des produits d’origine animale : c’est parce qu’on décide, en accord avec des convictions profondément ancrées, de ne plus en consommer. Sinon on est juste quelqu’un qui n’aime pas la viande/le poisson/le fromage, tout comme certains n’aiment pas le chocolat (c’est possible ça??!!) ou ne digèrent pas les poivrons et donc décident de ne plus en manger. Point.

Vous voyez où je veux en venir ?

La décision de bannir les produits d’origine animale de son assiette, voire de sa vie, relève d’une conscience aiguisée du monde dans lequel on vit, et de la catastrophe éthique, humaine (famine), sanitaire (mortalité cardiovasculaire, augmentation du risque de cancers…) et écologique que la consommation de produits d’origine animale représente. Lorsqu’on entame une telle démarche, on choisit de se priver de certains aliments pour vivre en accord avec ses valeurs et minimiser l’impact de son alimentation sur la vie et sur la planète. Il s’agit d’un acte altruiste, et qui demande des efforts, au moins initialement. Et dans la liste des aliments que l’on choisit de ne plus consommer, dites-vous bien que pour un bon nombre d’entre eux, on aimait bien les manger !

Oui, certains aliments nous manquent, et ça nous fait parfois bien plaisir de retrouver quelque chose qui s’en approche gustativement parlant, sans pour autant sentir que si on en mange on renie nos valeurs et nos engagements. Et quand on a des enfants, tenir dans le végétarisme n’est pas toujours facile parce que « Mamaaaan, on peut aller au Mc Do ? » (ben oui, le jouet c’est tentant, et puis les copains y vont, eux) « Je veux du poulet »« J’amerais bien manger des saucisses ». Personnellement, je n’ai pas envie d’éveiller de frustration chez mes filles, j’ai envie de leur faire vivre un végétarisme conscient et non subi. Je ne veux pas qu’à l’adolescence, elles passent leur temps à aller au Mc Do, au kebab (ou à se goinfrer de viande) parce qu’on les aura trop frustrées à les assommer d’interdits. Donc oui : burgers, saucisses de tofu et autres substituts facilitent grandement la vie ! Et même que parfois ça fait plaisir aux grands aussi :p

3. VIVE LES SUBSTITUTS !

Devenir végétarien/végétalien/vegan n’est pas une affaire de plaisir, de ce qu’on aime manger ou pas. C’est un difficile mais très stimulant engagement au quotidien, et sur le long terme. Il s’agit de remettre en cause notre alimentation, celle que nos parents nous ont transmise, que notre société approuve, et cela peut s’avérer difficile à vivre au quotidien et source de tensions. La mémoire olfactive, gustative a la peau dure et les tentations sont également fréquentes. Alors les petites choses facilitantes sont les bienvenues 🙂 Mais une chose est sûre, pour rien au monde je ne reviendrais en arrière…

3 définitions utiles sur le végétarisme

Nombreuses sont les personnes qui ne savent pas exactement ce que mange un végétarien. A chaque fois que je suis invitée quelque part, ou que je dis que je suis végétarienne, on me pose de nombreuses questions sur ce que j’ai le droit de manger ou non (petite aparté, ce n’est pas une question d’autorisation ou d’interdit, mais de choix…c’est différent !)

Demandant sur la route un sandwich végétarien, mon mari s’est vu proposer un sandwich au fromage…qui s’est avéré contenir du jambon et qu’il a donc rendu ! Nombreux sont les végétariens à qui l’on propose gentiment – chez des amis ou au restaurant – du poisson parce « qu’ils ne mangent pas de viande ». Et pour les amis qui nous invitent à déjeuner ou dîner, on sent en général un stress parce qu’ils se sentent perdus et ne savent pas quoi nous proposer à manger.

Une petite mise au point sera donc bien utile, vous ne trouvez pas ? 😉

1. DÉFINITION DU VÉGÉTARISME 

Est végétarienne toute personne qui consomme des végétaux, ainsi que des produits d’origine animale, à l’exception de la chair animale, qu’il s’agisse de viande ou de poisson. Ne sont pas non plus consommés les fruits de mer et crustacés, escargots, grenouilles…enfin bref, tout ce qui est vivant et contient de la chair !

LES VARIANTES DU RÉGIME VÉGÉTARIEN

Les végétariens consomment en général des oeufs et des produits laitiers, on appelle cela un régime ovo-lacto-végétarien.

Certains végétariens font le choix de continuer à manger du poisson, dans ce cas on parle de régime pesco-végétarien. J’avoue, je ne comprends pas trop ce positionnement, qui pour moi est « le cul entre 2 chaises » (désolée, je n’ai pas trouvé plus fin) : l’idée de manger un produit venant de la mer peut renvoyer à quelque chose de plus sain, plus naturel que le fait de manger un animal issu de l’élevage intensif. On y trouve également une viande moins grasse, avec bien moins de cholestérol, et des omega-3 bons pour la santé. Mais quid de la souffrance de ces animaux sortis de leur milieu qu’on laisse suffoquer jusqu’à la mort ? (quand les différences de pression ne leur sortent pas les organes du corps et les yeux des orbites…) Le fait qu’on ne puisse pas les entendre hurler signifie-t-il qu’ils ne souffrent pas ? Quid du désastre écologique que représente la pêche intensive ? C’est une position sur le long terme que je ne comprends pas…sauf si on n’en attend que des bénéfices sur sa propre santé. Je ne veux pas jeter la pierre, mais en terme d’éthique animale et d’écologie…on peut trouver mieux, non ?

PRÉSURE ANIMALE ET GÉLATINE : LES PIÈGES

Autre point important : en raison de la présence de présure ou de gélatine dans certains aliments, ceux-ci pourront ne pas être consommés par les végétariens les plus rigoureux. J’avais fait le point sur ces 2 « ingrédients », si on peut les appeler comme cela, dans un précédent article qui s’intitule « 4 mois de défi végétarien : la chasse à la présure et à la gélatine est ouverte! » que je vous laisse consulter si le coeur vous en dit.

2. DÉFINITION DU VÉGÉTALISME

Est végétalienne toute personne qui exclut tous les produits d’origine animale de son alimentation : chair animale, oeufs, produits laitiers, miel…aucun n’est plus consommé au profit d’une alimentation d’origine 100% végétale.

Petite précision : non, les végétaliens ne mangent pas que des graines ou des cailloux ! Au contraire, ce régime ouvre la porte à une multitude d’aliments et à l’imagination : céréales et légumineuses sont indispensables pour l’apport en protéines. Les produits laitiers sont remplacés par les laits végétaux, les produits à base de soja (le tofu soyeux fait un malheur dans les crêpes !), et les fromages végétaux qui se développent de plus en plus. Et on se rend vite compte que les oeufs sont facilement remplacés dans les pâtisseries par le tofu soyeux ou encore la compote de pommes, qu’on peut faire de la mousse au chocolat avec du jus de pois chiches et que c’est super bon…bref, no limit !

Le point de vigilance à adopter lorsqu’on est végétalien est le suivant : la nécessité de se supplémenter en vitamine B12, car on ne la trouve pas dans les végétaux. Il existe aujourd’hui de nombreux substituts qui facilitent grandement la vie : sous forme solide ou liquide, en prise quotidienne ou non…à chacun de trouver ce qui lui convient le mieux.

3. DÉFINITION DU VEGANISME

Etre vegan signifie bannir tout produit d’origine animale de sa  vie : certes de son alimentation, mais aussi de son dressing (cuir, laine, soie, fourrure…), de ses produits cosmétiques, de son armoire à pharmacie en excluant les produits testés sur les animaux. C’est également refuser l’exploitation animale sous toutes ses formes : zoos, aquariums, cirques ayant recours à des animaux vivants…l’idée étant que les animaux ne sont pas à notre disposition et que nous ne pouvons pas les élever/tuer/dépecer/enfermer/dresser/torturer impunément.

Sur le plan strictement alimentaire, les vegans ont une alimentation végétale, comme décrite ci-dessus. C’est un mode de vie guidé par des motivations éthiques fortes, mais aussi sanitaires et écologiques. Alors que son principe de base est la bienveillance, envers les animaux et envers la planète, il est bien souvent qualifié d’extrême, car il représente une véritable rupture avec les habitudes de consommation occidentales – et françaises –  plus traditionnelles.

C’est un mode de vie tout de même en pleine expansion, et qui risque de continuer à prospérer, aidé par les scandales à répétition sur l’industrie agro-alimentaire, l’abattage en masse des animaux, et le changement climatique avec des événements violents de plus en plus fréquents.

D’ailleurs, selon l’ONU en 2010 : « Un changement global de l’alimentation mondiale vers une alimentation à dominance végétale est absolument vital pour sauver le monde de la faim, de la carence de carburant et le soustraire aux pires impacts du changement climatique. » 

Et vous, dans quelle catégorie vous situez-vous ? Vous voyez-vous au même point dans 1 an ou est-ce que vous prévoyez de changer des choses ? Dites-moi tout en commentaire 😉

 

feuille santé

Et si devenir végétarien était bon pour la santé ?

Vous connaissez surement la rengaine aussi bien que moi, la satanée question « Mais où tu trouves tes protéines? » dès que l’on annonce que l’on est végétarien. Ou encore, les personnes qui sous-entendent qu’elles « donnent de tout » à leurs enfants, comme si en étant végétarien on les privait de quelque chose d’essentiel. Je ressens souvent de l’agacement, et une certaine injustice, lorsqu’on me laisse entendre que je pourrais mettre en danger la santé de mes enfants, alors que si je passe beaucoup à temps à réfléchir à l’alimentation et à ma façon de nourrir ma famille c’est justement dans le but opposé.

Et si, au lieu de parler des risques de carences, on s’attardait plutôt sur les bienfaits d’un régime végétarien sur la santé ? Parce que, ne nous voilons pas la face, un régime mal équilibré, qu’il soit végétarien ou non, entraîne des carences. La plus fréquente est la carence en fer (elle touche plus fréquemment les femmes du fait de leurs saignements répétés), mais de nombreux patients ont aussi des carences en vitamines du groupe B (B9 ou B12) liées à des insuffisances d’apports alimentaires, et devinez quoi….plus de 9 fois sur 10, ils ne sont pas végétariens ! Je parle ici de personnes en bonne forme physique, évidemment cela ne concerne pas les personnes carencées à cause d’une éventuelle pathologie. Alors remettons les choses à leur place : si on est attentif à ce qu’on mange, et à l’équilibre de ses menus, on n’est pas carencé, végétarien, vegan ou omnivore !

1. LES PROTÉINES VÉGÉTALES : LE MYTHE DE LA CARENCE

Les protéines végétales peuvent à elles seules répondre aux besoins nutritionnels si une alimentation végétale variée est consommée et que les besoins en énergie sont satisfaits.

Source : Association Américaine de Diététique

Il existe de nombreuses sources de protéines végétales, que j’avais détaillées dans un précédent article intitulé « Où trouver les protéines végétales? ». Certes, les protéines animales ont une composition très proche de ce qui est considéré comme optimal en terme d’apports en acides aminés. Néanmoins, l’ensemble des acides aminés essentiels est présent dans les protéines végétales et elles sont suffisantes pour couvrir nos besoins nutritionnels. N’oublions pas que, dans nos sociétés occidentales, nous surconsommons les protéines ! Alors qu’un apport correspondant à 0,8g/kg/jour est amplement suffisant, nous en consommons en moyenne 1,4g/kg/jour….Même si en devenant végétarien vous consommez un peu moins de protéines que d’habitude, ne vous inquiétez pas, vous en aurez amplement assez !

Si elles ont l’inconvénient d’être moins bien absorbées par l’organisme que les protéines d’origine animale (80-85 % contre 95%), les protéines végétales ont l’avantage d’être de meilleure qualité. Elles sont pauvres en lipides, c’est-à-dire en graisses, et ceux contenus dans les oléagineux (arachides, amandes, noix, graines…) sont de meilleure qualité que ceux contenus dans la viande. Elles sont également riches en fibres, et en antioxydants.

Je vous explique en détail ce que cela implique ? Allez, suivez-moi 😉

2. L’IMPACT SUR LA SANTÉ D’UN RÉGIME VÉGÉTARIEN

FACTEURS DE RISQUE & MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Il existe plusieurs facteurs de risque cardiovasculaires : ce ne sont pas des maladies à proprement parler, mais des éléments, qui combinés entre eux peuvent avoir un effet assez explosif sur votre coeur et vos vaisseaux (infarctus du myocarde, AVC…) Parmi eux, des facteurs de risque non modifiables (âge, antécédents personnels ou familiaux) sur lesquels je ne vais pas m’attarder.

Il existe des facteurs de risque sur lesquels il est possible d’agir : le tabagisme, l’hypertension artérielle (HTA), le cholestérol, le diabète de type 2. L’obésité et la sédentarité sont également à prendre en compte.

Il a été démontré, dans plusieurs études scientifiques, que les facteurs de risque cardiovasculaires sont améliorés par une alimentation végétarienne :

  • L’hypertension artérielle est nettement diminuée chez les végétariens, avec 40% en moins de personnes hypertendues.
  • Le taux de cholestérol diminue nettement lorsqu’on stoppe les protéines animales. Un régime végétalien est aussi efficace sur le taux de cholestérol que la prise d’un médicament hypocholestérolémiant (les fameuses statines, qui font tant parler d’elles). En effet, la viande est riche en graisses saturées et en cholestérol, contrairement aux protéines végétales qui contiennent très peu de lipides (vous vous souvenez, je vous en ai parlé tout à l’heure ?? Non…? Mais si, je vous disais aussi que, quand les protéines végétales contiennent des lipides, ils sont de meilleure qualité que ceux contenus dans la viande)
  • l’Index de Masse Corporelle est également diminué (moins d’obésité et de surpoids), ainsi que le taux de diabétiques de type 2

La conséquence de tout cela ? Une diminution de 30% des maladies cardiovasculaires (infarctus, atteintes coronaires, AVC, lésions des artères…) chez les végétariens. Considérant qu’il s’agit de la 2ème cause de mortalité en France après les cancers (140 000 morts par an et 3,5 millions de personnes traitées), je vous laisse imaginer l’énorme impact en terme de santé publique qu’aurait un changement d’hygiène alimentaire à grande échelle.

 

UNE NETTE DIMINUTION DU CANCER COLORECTAL

Avec l’adoption d’une alimentation végétarienne, le risque de cancer colorectal diminue nettement : selon les études, le risque diminuerait de 22 % à quasiment 50 %. Une alimentation végétale a également un impact non négligeable sur les cancers du pancréas et de la prostate.

N’oublions pas que le Centre International de la Recherche sur le Cancer a classé la viande transformée comme cancérogène pour l’Homme. Quand on parle de viande transformée, entendez jambon, charcuterie, hot-dogs, nuggets, viande pour plats préparés…Les experts ont conclu que « chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement accroît le risque de cancer colorectal de 18%. »

La viande rouge, quant à elle, a été classée comme probablement cancérogène pour l’Homme, en ce qui concerne les cancers du colon, du pancréas et de la prostate.

UNE MEILLEURE ESPÉRANCE DE VIE ?

 

Plusieurs études scientifiques de suivi de population publiées dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) , étudiant le régime alimentaire des personnes suivies, ont démontré l’innocuité d’un régime végétarien, ou végétalien. Il n’y a pas d’augmentation du nombre de pathologies, ou de mortalité, bien au contraire. Ces études ont comme conclusion qu’il existe un effet protecteur des protéines végétales sur la santé et la mortalité. 

Durant la période de suivi, pour 100 morts chez les omnivores, on a relevé 91 morts chez les végétariens et 85 chez les végétaliens. Evidemment, ces chiffres ne sont pas gravés dans le marbre, mais il est difficile après avoir lu ces articles d’affirmer que le végétarisme est dangereux pour la santé !

3.en conclusion ?

Voici où en est la littérature scientifique au sujet du végétarisme aujourd’hui. Personnellement, c’est un régime et un mode de vie que j’adopte par conviction, pour des raisons éthiques, environnementales, et de santé.

Non, je ne donne pas « de tout » à mes enfants, je ne les fais pas ingurgiter n’importe quoi sans réfléchir et essaie de prendre soin de leur santé. Leur donner un maximum de produits d’origine biologique est pour moi non négociable, et j’assume parfaitement que mes filles suivent une alimentation végétarienne. Pourquoi leur donner des habitudes alimentaires qui risquent de les rendre malades à l’âge adulte ? Pourquoi accepter de leur donner des aliments classés cancérogènes ? Tout comme je n’inonde pas mon jardin de glyphosate, j’épargne ma santé et celle de ma famille en évitant les protéines d’origine animale. 😉

 

SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

 Ministère des Solidarités et de la Santé – Maladies cardiovasculaires

Le Centre International de Recherche sur le Cancer évalue la consommation de la viande rouge et des produits carnés transformés. (octobre 2015)

AJCN – Risk of hospitalization or death from ischemic heart disease among British vegetarians and non vegetarians : results from the EPIC cohort study (2013)

JAMA – Vegetarian Dietary Patterns and the risk of colorectal cancers (mai 2015)

JAMA – Vegetarian Dietary Patterns and mortality in Adventist Health Study 2 (juillet 2013)

JAMA – Association of Animal and Plant Protein Intake with all-cause and cause-specific mortality (octobre 2016)

couple vegetarienne

[ Vidéo ] Comment rester végétarienne quand mon conjoint ne l’est pas ?

Je continue à répondre à vos questions en vidéo !

Cette semaine, une petite réflexion concernant la gestion du quotidien d’une végétarienne donc le conjoint ne l’est pas…et pour qui l’organisation des repas devient un vrai casse-tête ! Voici mes conseils pour fluidifier le quotidien de Gwenaëlle 😉

 

************ RETRANSCRIPTION DE LA VIDÉO ************

Bonjour, ici Amélie du blog Devenir Végétarien.

Aujourd’hui, je vous accueille dans cette nouvelle vidéo, où je réponds à la question qui m’a été posée sur la chaîne Youtube par Gwenaëlle il y a quelques jours, à savoir : Comment réussir à maintenir un régime végétarien quand notre conjoint ne l’est pas ?

Alors, c’est une vaste question ! J’ai envie de te demander, Gwenaëlle, tout de suite : « Est-ce que tu es obligée de garder le même conjoint ou pas ? » parce que ça éviterait pas mal de prises de tête et de complications au quotidien, mais bon…peut-être qu’il est super choupinou, et que peut-être que vous avez 2 filles ensemble et que c’est l’homme de ta vie, donc on va essayer de répondre sérieusement à la question. (Mais oui bien sûr je rigolais…! pas pu m’empêcher désolée 😉 )

La première chose à prendre en compte, je pense, c’est qu’aucun des 2 partenaires du couple, à la fois la personne végétarienne et la personne qui ne l’est pas, ne doit se sentir lésé dans l’histoire. Donc l’important c’est que chacun puisse s’exprimer sur ce qu’il souhaite manger et ne souhaite pas manger, et que chacun y trouve son compte. S’il y a des frustrations sur ce point là, à mon avis ce sera source de conflit, et il ne faut pas que la bouffe devienne une source de dispute dans le couple ! Donc on va essayer d’aborder les choses sereinement pour que chacun se sente pris en compte.

P(V)EUX-TU CUISINER DE LA VIANDE ?

A mon avis, la première question à te poser, Gwenaëlle, c’est :  » Est-ce que je suis prête à cuisiner de la viande, et à en acheter pour mon mari ou pas? » Je pense que c’est le point principal que tu dois éclaircir et voir avec lui. Mais bon, je pense que ça concerne tous les couples où l’une des 2 personnes est végétarienne et l’autre ne l’est pas.

Personnellement, j’ai de la chance parce que mon petit mari est également végétarien, donc cela facilite beaucoup beaucoup les repas. J’ai bien conscience que cela peut être parfois compliqué. Moi personnellement, je ne pourrais pas, en l’état actuel des choses, aller acheter de la viande au supermarché et la cuisiner. Je suis arrivée à un stade de ma vie, où juste ça me répugne de dépenser de l’argent pour ça, et de continuer à cautionner l’élevage de masse et l’abattage des animaux. Et puis accessoirement, juste tenir un morceau de viande dans mes mains ça me dégoûte. Donc si c’était moi, je sais que je ne pourrais pas en cuisiner. C’est à vous de voir dans votre couple, mais je pense qu’il faut que les choses soient claires dès le départ, à savoir est-ce que la personne qui est végétarienne est prête à faire cet effort là pour l’autre ou pas ? Auquel cas, eh bien, l’autre est au courant que s’il veut de la viande, il va se l’acheter et il la cuisine pour lui quand il a envie ! (oui je sais je suis vilaine)

ORGANISEZ VOS MENUS DE LA SEMAINE

Le 2ème point important à prendre en compte, c’est d’avoir une organisation des menus de la semaine. C’est hyper important, déjà dans une organisation de vie de famille, mais en plus quand il y a des différences sur le plan du régime alimentaire c’est bien de s’organiser.

Ca peut être fait le dimanche soir, par exemple, ou à un autre moment de la semaine. Mettez-vous tous les deux, côte à côte, voyez comment vous allez gérer vos menus de la semaine : à la fois pour qu’il y ait des menus complètement végétariens – peut-être, s’il l’autre est prêt à faire cette concession là. Ca peut être pas du tout frustrant, avec des céréales, légumineuses, ou des simili-carnés, ça c’est super facile à faire tous ensemble. Ca peut être des spaghetti bolognaise avec du haché végétal. Ca peut être d’autres plats, où les végétariens vont avoir leur escalope de tofu, de blé, ou des nuggets pour les enfants, et l’autre personne sera libre, à côté, de se faire un peu de viande si elle en a envie.

Attelez-vous à la tâche, faites ça, essayez de remplir votre agenda de la semaine, avec à la fois des menus qui conviennent à tout le monde et où vous pouvez avoir un plat unique pour toute la famille / et puis d’autres moments où la personne qui a envie de manger de la viande pourra se faire plaisir en cuisinant, et où vous à côté en tant que végétarien vous aurez soit un accompagnement plus riche ou alors vous ferez votre petite popote.

A mon sens, pour que les choses soient harmonieuses dans une vie de couple et une vie de famille, le plus important c’est vraiment la communication et l’organisation. C’est-à-dire ce que vous êtes prêt à faire ou à ne pas faire, et comment vous gérez vos repas de la semaine ensemble ? Histoire que les choses soient équilibrées.

Gwenaëlle, toi qui es végétarienne, tu m’as dit que tu cuisinais souvent 2 plats différents, un plat végétarien et un plat qui n’est pas VG. Et du coup, quand tu n’as pas le temps, c’est le plat végétarien qui passe à l’as. Peut-être que pour toi ça serait bien que tu cuisines ton plat végétarien, et que ton conjoint ajoute sa petite touche de viande quand il en a envie. Il faut que toi tu puisses aussi manger selon tes envies et tes convictions, pour moi c’est super important. A ta place, je me sentirais un petit peu frustrée, et je pense que je ronchonnerais dans mon coin, mais peut-être parce que je suis juste super chiante en fait !

J’espère que ces conseils t’aideront à fluidifier ton organisation familiale sur le plan, du végétarisme. Et peut-être qu’en cuisinant de super petits plats végétariens ou vegan, vous allez réussir à convertir à la cause votre amoureux ou votre amoureuse. Foncez, faites vous plaisir, et ne laissez personne se frustrer dans l’histoire. Voilà mon conseil.

Laissez-moi vos commentaires pour me dire comment vous gérez le végétarisme au quotidien dans votre vie, parce que ça m’intéresse ! N’hésitez pas à continuer à me poser des questions, je me ferai un grand plaisir de vous répondre en vidéo. 🙂

A très bientôt !

medecin-vegetarien

[ VIDEO ] Pourquoi les médecins ne comprennent pas les végétariens ?

Oyé, oyé, première mondiale, énorme scoop ! Ma première vidéo est en ligne, wouuuhouuuu !!

Non sans mal, avec quelques défis techniques de base, prises de tête de montage, combat à mort avec les paramètres de ma chaîne Youtube, sans oublier l’éternel et destructeur « laissetomberjepeuxpasregarderçac’estjustehorrible » !

Enfin, la voilà, Tadaaaam !!! (je sais la technique mérite d’être améliorée, mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron 😉 )

Pour cette première vidéo, j’ai choisi un sujet que j’avais déjà abordé il y a quelques semaines sur le blog, et qui a semblé bien vous intéresser. Je vous explique simplement pourquoi les médecins et les végétariens ne se comprennent pas, en reprenant ce qui est enseigné aux étudiants en médecine. Vous allez voir, c’est sympa !

 

Si vous aimez cette vidéo, partagez-la ! 🙂

Et n’hésitez pas à me faire parvenir vos remarques et réactions éventuelles, je serai ravie d’échanger avec vous !

POURQUOI L’HOMME N’EST PAS UN CARNIVORE

Note : cet article fait la part belle au second degré et fait la fête aux arguments débiles entendus par les végéta*iens débutants ou accomplis à longueur de temps. Il risque d’en énerver quelques-uns, mais c’est fait exprès. Na !

petit-lion

« L’Homme mange de la viande depuis toujours, c’est essentiel à notre santé. Notre corps a BESOIN de protéines animales. Déjà au temps des cavernes, nos ancêtres partaient chasser le mammouth pour subvenir à leurs besoins…et puis les lions chassent bien les antilopes, non ? Et personne ne vient les faire chier avec la « souffrance animale »… De toute façon, les animaux sont là pour qu’on les mange; et puis si on stoppait l’élevage intensif, que deviendraient tous ces animaux ? Ils seraient malheureux, livrés à eux-mêmes…non franchement c’est mieux qu’on les mange, sinon on ne saurait pas quoi en faire. J’ai pas raison ? On leur rend presque service finalement 🙂 – soupir de soulagement…

Et puis tu sais, moi je consomme « raisonnable », de la viande qui ne provient pas de l’élevage intensif. Déjà, je mange au maximum bio…et puis c’est des bons produits, j’achète chez le boucher ou sur le marché. »

Vous avez dit combien ?

QU’EST-CE QU’UN CARNIVORE ?

Les carnivores sont des mammifères qui se nourrissent principalement de viande. On trouve parmi eux les lions, les chiens, les félins, les ours…Ils ont de nombreux points communs, dont le principal est l’anatomie de leurs dents.

TU AS VU MES GROSSES CANINES DE CARNIVORE ? GRRRR !!!!

Waouh, crocs, molaires pointues...ça c'est un carnivore !!
Waouh, crocs, molaires pointues…ça c’est un carnivore !!

Les carnivores ont des canines très allongées que l’on appelle les crocs, et qui servent principalement à attraper les proies.

Leurs molaires n’ont pas pour but de mâcher, mais de manger de la viande. Elles ne sont donc pas aplaties, comme celles des herbivores, mais sont très tranchantes. La première molaire notamment, appelée « la carnassière », sert à déchiqueter la viande et à croquer les os. Elle est caractéristique des carnivores qui en possèdent TOUS. Elle est donc très utile pour identifier qui est un carnivore et qui n’en est pas un.

Les carnivores, n’ayant pas de dents aplaties, sont incapables de mâcher et utilisent leurs molaires pour arracher des morceaux de viande qu’ils avalent directement.

Si, Si, j'te jure, celle-là, là...elle est pointue, touche !! Une vraie canine grrrrr !!!! J'te déchiquete une carcasse avec les dents quand tu veux !
Si, si, j’te jure, celle-là, là…elle est pointue, touche !! Une vraie canine grrrrr !!!! J’te déchiquete une carcasse avec les dents quand tu veux !

ET MES GRIFFES, TU LES AIMES MES GRIFFES ?

Les griffes sont un autre point commun aux carnivores. Elles peuvent être rétractables, comme chez le chat, ou non. Elles ont pour principale fonction de les aider à attraper leurs proies, mais aussi de creuser, de les aider à grimper aux arbres.

Les griffes humaines sont impressionnantes :

main
Griffes d’un spécimen mâle
Le femelles ont les griffes plus longues et plus acérées
Les femelles ont les griffes plus longues et plus acérées. Aïeuh !

L’HOMME EST UN BOUFFEUR DE GRAINES ET DE SALADE : OUI UN HERBIVORE !

Les études anatomiques comparant les carnivores aux omnivores et herbivores laissent peu de doute sur le sujet : l’Homme a une anatomie d’herbivore et n’est pas fait constitutionnellement pour consommer de la chair animale. Muscles masticateurs, dentition, griffes, constitution de l’estomac, processus de digestion, anatomie de l’intestin : nous ne sommes pas des carnivores.

Le Dr Milton Mills, docteur en Médecine, a rédigé un brillant article très détaillé sur le sujet, dont le résumé est consultable sur le site de l’Association Végétarienne de France. Le tableau suivant est tiré de cet article.

CARNIVORES HERBIVORES OMNIVORES HUMAINS
Muscles faciaux Peu développés pour permettre une large ouverture de la bouche Bien développés Peu développés Bien développés
Type de mâchoire Angle faible Angle important Angle faible Angle important
Position de l’articulation de la mâchoire Au même niveau que les molaires Au-dessus du niveau des molaires Au même niveau que les molaires Au-dessus du niveau des molaires
Mouvement de la mâchoire Tranchant ; mouvement latéral minime Pas de mouvement tranchant ; mâchoire mobile latéralement et d’avant en arrière Tranchant ; mouvement latéral minime Pas de mouvement tranchant ; mâchoire mobile latéralement et d’avant en arrière
Principaux muscles masticateurs Muscles temporaux Masséters et ptérygoïdiens Muscles temporaux Masséters et ptérygoïdiens
Ouverture de la bouche par rapport à la taille de la tête Grande Petite Grande Petite
Dents : incisives Courtes et pointues Larges, plates et en forme de pelle Courtes et pointues Larges, plates et en forme de pelle
Dents : canines Longues, tranchantes et incurvées Soit peu tranchantes et courtes (ou longues pour la défense), soit absentes Longues, tranchantes et incurvées Courtes et peu tranchantes
Dents : molaires Tranchantes, dentelées et en forme de lame Plates avec cuspides ou surface complexe Lames pointues et/ou plates Plates avec cuspides noueuses
Mastication Pas de mastication ; aliment avalé entièrement Longue mastication nécessaire Aliment avalé entièrement et/ou simple broyage Longue mastication nécessaire
Salive Pas d’enzymes digestives Enzymes permettant la digestion des carbohydrates Pas d’enzymes digestives Enzymes permettant la digestion des carbohydrates
Estomac Simple Simple ou plusieurs poches Simple Simple
Acidité de l’estomac pH inférieur ou égal à 1 lorsque l’estomac est rempli pH : de 4 à 5 lorsque l’estomac est rempli pH inférieur ou égal à 1 lorsque l’estomac est rempli pH : de 4 à 5 lorsque l’estomac est rempli
Capacité de l’estomac De 60 % à 70 % du volume total de l’appareil digestif Moins de 30 % du volume total de l’appareil digestif Entre 60 % et 70 % du volume total de l’appareil digestif Entre 21 % et 27 % du volume total de l’appareil digestif
Longueur de l’intestin grêle 3 à 6 fois la longueur du corps Entre 10 et plus de 12 fois la longueur du corps 4 à 6 fois la longueur du corps 10 à 11 fois la longueur du corps
Côlon Simple, court et lisse Long, complexe ; peut avoir un aspect boursouflé Simple, court et lisse Long, aspect boursouflé
Foie Peut détoxiquer la vitamine A Ne peut pas détoxiquer la vitamine A Peut détoxiquer la vitamine A Ne peut pas détoxiquer la vitamine A
Rein Urine extrêmement concentrée Urine modérément concentrée Urine extrêmement concentrée Urine modérément concentrée
Ongles Griffes acérées Ongles plats ou sabots émoussés Griffes acérées Ongles plats

LE PLAISIR TOUT PUISSANT ?

La consommation de viande en masse à l’échelle mondiale a des répercussions dramatiques, en terme de souffrance animale, d’écologie (pollution, émission de gaz à effet de serre, déforestation), de santé publique (cholestérol, maladies cardiovasculaires, cancer du colon)…

Pourquoi alors continuer d’adopter un régime alimentaire qui est contre nature et entraîne notre perte ? Parce qu’on a toujours fait comme ça ? Alors on continue sans se poser de question ? Parce qu’une entrecôte c’est bon ? Oui c’est bon : et alors ? Est-ce que tout ça en vaut la peine ?

Le fait qu’une chose nous procure du plaisir la rend-elle légitime pour autant ? Certaines personnes vont éprouver un grand plaisir à coucher avec leur soeur…est-ce que cela devient un acte recommandable pour autant ?

Chut, je crois qu'on parle de nous...!
Quel est le problème ? 😉

Bon ok, je pousse le bouchon un peu loin, mais je n’ai pas pu résister !

L’Homme n’est pas un carnivore. Et nous ne sommes plus au temps des cavernes : nous avons le choix. Le choix de continuer cette hérésie ou de changer les choses pour revenir à l’essentiel. Ne nous laissons pas aveugler par la pub, le marketing, la désinformation : il est tout à fait possible de vivre sans consommer de protéines d’origine animale, les rayons de nos supermarchés regorgent de possibilités !

Alors, on végète en faisant comme d’habitude ou on avance ? 😉

[ Podcast ] « Le paradoxe de la viande », un bel exemple de dissonance cognitive

dissonance-cognitive

Voici le 2ème épisode de podcast du blog Devenir Végétarien !

Aujourd’hui, je vous livre en version audio un article publié au début de l’été, que certainement une grande partie d’entre vous n’a pas encore lu et qui pourtant fait partie de vos chouchous (et des miens également…!) 😉

Dans ce podcast, je vous explique le principe de la dissonance cognitive, et la gymnastique mentale qui permet de l’atténuer afin de pouvoir manger de la viande tout en affirmant aimer les animaux. Vaste programme !

Vous pouvez écouter ce podcast en live en appuyant sur le bouton Play en haut, ou télécharger le MP3 en cliquant sur ce lien.

Bonne écoute ! N’oubliez pas de partager si vous aimez 😉

[ Podcast ] Végétariens : Pourquoi votre médecin ne vous comprend pas ?

Lien vers l’article publié sur le blog Habitudes Zen dont je vous parle dans le podcast.

Bonjour à tous,

Je commence la semaine par mon premier podcast ! Un nouveau support pour vous parler de façon un peu plus libre d’un sujet qui m’intrigue – et me désespère ! – depuis un petit moment : les relations tendues entre le corps médical et les végétariens ou vegan.

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Crédit photo Unsplash

Pourquoi un podcast ? Déjà, une envie de m’essayer à l’exercice, je trouve que cela permet une relation plus sympa avec vous, mes chers lecteurs 🙂 Et l’avantage pour vous : vous pouvez m’écouter en vous préparant un bon petit plat végé, en rangeant la maison, en jardinant, ou bien en allant au boulot ! Bref, vous n’êtes pas obligé d’être scotché à votre ordi pour bénéficier du dernier article du blog Devenir Végétarien 😉

Si le format vous plaît, je continuerai d’y traiter régulièrement des sujets, et enregistrerai également en podcast les articles qui vous plaisent le plus. Vous devriez aussi pouvoir me trouver bientôt sur I-Tunes.

Vous pouvez écouter ce podcast en live en appuyant sur le bouton Play en haut, ou télécharger le MP3 en cliquant sur ce lien.

A très vite !

Note du 27/09/2016 : le podcast est disponible sur Itunes, en cliquant sur le lien en haut de l’article, juste sous le podcast, ou bien ici  🙂

*** TRANSCRIPTION TEXTE (LITTÉRALE) ***

Bonjour, et bienvenue dans ce premier podcast du blog Devenir Végétarien. Je suis Amélie, et aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui me tient à coeur, qui traite de l’incompréhension entre les médecins et leurs patients végétariens.

Ce premier podcast d’intitule donc :  » Végétariens : pourquoi votre médecin ne vous comprend pas ? » 

Pourquoi ce thème ? Parce que je constate de plus en plus un fossé entre ma pratique et ma formation de médecin, et ma vie quotidienne où je suis végétarienne, et où je tends à adopter petit à petit une alimentation végétale. Je constate de plus en plus qu’il y a une incompréhension des deux côtés : à la fois du côté des végétariens, qui sont parfois très virulents au sujet du corps médical, et de l’autre côté le corps médical qui a tendance à prendre les végétariens et végétariens pour des marginaux complètement inconscients.

Moi je le constate de plus en plus, parce que quand je poste des réactions ou des commentaires sur des forums, en général les réactions des personnes qui me répondent c’est : « Ouaiiiis, enfin un médecin qui se rallie à notre cause ! Tu ne voudrais pas convertir un peu tes collègues au végétarisme? «  Donc je vois bien que le fait qu’un médecin parle de végétarisme, et le prône, quelque par, sur internet ça surprend beaucoup de monde. Et d’un autre côté je vois bien que, dans le corps médical, dès qu’on dit qu’on est végétarien ou végétalien (là c’est encore pire!) il y a tout de suite une grosse levée de bouclier, et on est vite catalogué comme un original qui va foutre sa santé en l’air, quelque part.

Je le vois bien parce que l’une de mes meilleures amies médecin n’est pas du tout végétarienne, et quand je lui en parle sa réaction c’est : « Oui, mais notre corps a besoin de protéines ». Et quand je lui réponds juste simplement : « Oui ok, mais moi je mange juste des protéines végétales, pas animales » , je vois bien que le message a du mal à passer, qu’il y a un gros gros blocage en face et que la réponse c’est : « Oui mais quand même, le corps a besoin de viande »…C’est la liste éternelle des remarques des personnes qui, voilà, ne remettent pas en question le fait de manger de la viande avec des phrases du style « Oui, mais tu vas être carencée, tu vas manquer de fer…Et puis quand même l’Homme mange de la viande depuis toujours donc c’est normal de continuer à en manger, etc etc »

Bon, je ne vous refais pas la liste, parce que je vous en ai déjà parlé, et vous avez suffisamment d’exemples au quotidien.

Alors, pourquoi un tel fossé entre les médecins et les végétariens ? C’est ce que je vais essayer de vous expliquer aujourd’hui.

On voit bien qu’actuellement, il y a de plus en plus d’études qui remettent en question les bienfaits pour la santé de la consommation de viande, et parallèlement d’autres études qui mettent en avant les bienfaits d’un régime végétarien pour la santé.

Alors, pourquoi vos médecins ne sont pas réceptifs à ça ? Je vais essayer de vous l’expliquer en reprenant le polycopié national du Collège des Enseignants de Nutrition. En gros, ce genre de polycopié, c’est ce qui sert aux étudiants en médecine à préparer leur concours d’internat. Donc c’est vraiment le programme officiel national, que les étudiants vont travailler avant de choisir leur spécialité.

Quand on reprend ce polycopié, on voit que déjà les alimentations végétarienne et végétalienne sont classées dans une partie qui s’intitule PROFILS ALIMENTAIRES D’ORDRE « CULTUREL » ET RISQUES DE CARENCES. Je pense que déjà ça part avec un à priori pas forcément positif sur ce type d’alimentation. Je vous lis la petite partie (je dis petite parce qu’elle fait 3 lignes !) qui concerne l’alimentation végétarienne.

« Elle exclut la chair animale et le poisson mais elle autorise le lait, le beurre, les fromages et les oeufs. Si elle peut être bien équilibrée , elle fait parfois l’objet d’une application restrictive et peut être génératrice de carences en certains acides aminés essentiels et en fer. »

Concernant maintenant l’alimentation végétarienne on a quand même un peu plus d’infos, on a 5 lignes !! Alors, on a une petite définition « Elle exclut tout aliment d’origine animale y compris le lait, le beurre et l’oeuf. La valeur biologique des protéines végétales étant faible, les carences en Aa essentiels sont très fréquentes. De même, les carences en vitamine B12 (de source exclusivement animale) et en fer, sont habituelles et souvent sévères. Ce type d’alimentation est à fortement déconseiller. »

Ensuite, on a une partie sur la complémentation protéique chez le végétarien, qui insiste sur le fait que la combinaison légumineuses / céréales est efficace pour avoir un apport protéique de bonne qualité – ça, je suis plutôt d’accord – et qu’on peut également consommer des levures et concentrés protéiques à type de tofu.

Alors, pas besoin de vous faire un dessin ! Le polycopié fait quand même plusieurs dizaines de pages, et on doit avoir 10-15 lignes sur les régimes végétarien et végétalien. Voilà ce que votre médecin a appris pendant ses études. Et encore là, c’est un polycopié de 2010-2011, donc ça sous-entend, jeune voire très jeune médecin. Voilà, les médecins plus anciens, je me demande ce qu’ils ont appris à leur époque, mais ça ne devait pas être mieux, voire encore pire…

Là, j’ai quand même réussi à trouver dans des petits résumés de cours sur internet que les protéines végétales pouvaient être à favoriser, mais c’est vraiment pas expliqué et très anecdotique.

Au vu de ce type de document, il ne faut pas s’étonner que, quand vous allez voir votre médecin et que vous lui dites que vous être végétarien ou que vous êtes vegan, lui dans sa tête il ya juste une petite lumière qui s’allume direct et qui lui dit « Oh mon dieu, cette personne va être carencée, il faut que je lui prescrive une prise de sang tout de suite ». Donc vous n’avez même pas fini votre phrase qu’il est déjà en train de tendre la main vers le bloc d’ordonnance à mon avis.

Bon là, je grossis un peu le trait ! Je vous fais vraiment le médecin basique qui n’a pas réfléchi sur la nutrition, même si quand même il en existe !

A mon avis, les médecins qui sont ouverts à ce type d’alimentation sont des personnes qui se sont posé des questions, et ça vient d’une démarche personnelle. C’est-à-dire des personnes qui ont réfléchi, qui ont changé ou sont en train de changer leur alimentation, et voient qu’en effet ça a des bienfaits pour la santé. Mais ça exige, à un moment donné, de se détacher de ce qu’on a appris, de se poser des questions, et de passer du temps à chercher des informations, ce que tout le monde n’a pas le temps de faire.

Il y a certains médecins qui ne vont pas s’intéresser à la nutrition plus que ça, qui vont peut-être être géniaux en pédiatrie, en neurologie ou en cardiologie, mais ça ne va pas plus les intéresser que ça. Et donc ils vont rester sur le fait qu’une alimentation sans protéines animales est dangereuse pour la santé.

Alors, si vous avez la chance d’avoir un médecin qui est végétarien, ou qui est ouvert à ce type de régime, eh bien je trouve ça super ! gardez-le ! En revanche si vous avez un médecin un peu borné qui veut absolument vous inciter à manger de la viande, à manger des oeufs, et qui remet en cause votre projet de vie concernant votre alimentation, je vous conseillerais quand même de lui apporter quelques études scientifiques récentes afin qu’il enrichisse un peu sa culture et qu’il voie que, de plus en plus, les études scientifiques tendent à montrer qu’un régime végétarien est meilleur pour la santé.

Il est meilleur en terme d’espérance de vie, en terme de diminution du risque du cancer du colon et de diminution des maladies cardiovasculaires. Si vous ne savez pas où trouver ces études, je vous invite à consulter un article invité que j’ai publié récemment sur le blog Habitudes Zen. Cet article s’intitule « Comment vivre mieux et plus longtemps en réduisant sa consommation de viande? » Vous le trouverez sur le blog d’Olivier Roland qui s’appelle Habitudes Zen, et vous tapez « viande » dans le moteur de recherche : vous trouverez l’article très facilement.

Si vous avez des difficultés à le trouver, je vous laisserai le lien sur le blog, en-dessous du podcast. Cet article était un petit condensé des dernières études scientifiques que j’ai trouvées sur les bienfaits pour la santé d’un régime végétarien. Et vous trouverez tout en bas de l’article la bibliographie dont je me suis servie pour le rédiger. Donc ça, c’est des références d’articles que vous pouvez donner à votre médecin s’il vous renvoie que vous vous mettez en danger avec ce type d’alimentation.

En conclusion, pour résumer un peu mon propos : oui, les médecins ont du mal à comprendre qu’on puisse vouloir adopter une alimentation végétale. Ne les rangez pas tout de suite dans la case des personnes complètement bornées et pas ouvertes. Je pense qu’en grande partie c’est une méconnaissance du sujet, notamment par le biais de la formation qu’ils ont reçue, qui fait qu’ils ne sont pas bien au fait de ce type d’alimentation.

D’ailleurs, ce serait un grand bienfait que cela puisse être traité un peu plus largement pendant les études médicales, parce que là c’est balayé en 2 lignes, et au final pas du tout abordé correctement.

Voilà, j’espère que ce premier podcast vous a plu. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques en commentaires, et puis à me dire si vous avez envie que je fasse d’autres podcasts, et s’il y a des sujets auxquels vous avez envie que je réponde. Je vous dis à très bientôt sur le blog Devenir Végétarien ! 🙂

Déforestation et élevage industriel : manger moins de viande pour une planète plus verte

Cet article est une contribution au carnaval d’articles « En pleine conscience ». Ses membres publient une fois par mois un article sur un thème commun. Ce mois-ci, le thème est « Le pouvoir du vert » , proposé par Edith du blog Tour In Garden , DONT L’ARTICLE S’INTITULE « Les jardins et le bien-être ». ICI, NOUS ALLONS PARLER DE NOTRE JOLIE PLANETE…ET DES RAVAGES QUI SONT CAUSES A SES FORÊTS PAR L’ELEVAGE INDUSTRIEL.

 

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Nous avons tous en tête des images de la forêt amazonienne en train de se faire massacrer, d’arbres centenaires abattus en quelques secondes, encore et encore, sur des millions d’hectares chaque année.

La déforestation est un fléau de plus en plus lourd à porter pour notre planète, dans un contexte grandissant de réchauffement climatique, de pollution et d’épuisement des ressources.

Savez-vous que la principale cause de déforestation n’est pas l’exploitation du bois, mais est liée à l’élevage industriel ? Que ce soit pour faire paître du bétail ou le nourrir (plantations de soja principalement au Brésil), le constat est alarmant : 70% de la forêt amazonienne qui a été détruite l’a été pour produire de la viande !

Avec les conséquences que nous connaissons : écosystèmes anéantis, appauvrissement et érosion des sols, pollution tellurique et aquatique principalement par les tombereaux de déjections animales déversées en pleine nature. La liste est longue et malheureusement non exhaustive.

 

LA DEFORESTATION EN QUELQUES CHIFFRES

Juste pour vous planter le décor :

    • 20 millions d’hectares de forêt sont rasés chaque année dont 14 pour l’élevage animal
    • L’équivalent de 7 terrains de football par minute sont détruits pour faire paître les animaux d’élevage
    • L’élevage intensif est responsable de 9% des émissions de CO2 à l’échelle planétaire, principalement à cause de la déforestation.
    • Le secteur de l’élevage industriel est le principal émetteur de gaz à effet de serre devant les transports !
    • 24 heures de déforestation libèrent autant de CO2 dans l’atmosphère que 8 millions de personnes prenant l’avion « Londres – New York ».

 

LE ROLE DE LA FRANCE

La France est le 3ème importateur mondial de soja brésilien, principalement pour nourrir le bétail par les tourteaux de soja, qui est l’un des principaux aliments destiné aux animaux d’élevage depuis la crise de la vache folle. Elle utilise 22% des exportations de soja du Brésil (je vous laisse imaginer le nombre de terrains de foot), dont 90% sont destinés à nourrir les animaux d’élevage.

En 2010, ce sont 4,6 millions de tonnes de soja qui ont été importées en France.

Heureusement, on constate en France et en Europe une discrète mais persistante baisse de la consommation de viande depuis 1998. Elle est passée de 94kg à 86 kg par habitant et par an. Cela reste tout de même 2 fois plus en quantité que ce que mangeaient nos grand-parents. On remarque aussi que les consommateurs achètent de moins en moins de viande « brute », plus longue à cuisiner, au profit des plats cuisinés et de la charcuterie, ce qui n’est pas une bonne idée sur le plan nutritionnel et sanitaire. N’oublions pas que l’OMS a classé les viandes transformées (hot-dog, saucisses, jambon, charcuterie…) comme cancérogènes pour l’homme en ce qui concerne le cancer colorectal.

En revanche, sur le plan mondial – Chine et Inde principalement – la consommation de viande explose, entretenant cette logique de déforestation frénétique.

COMMENT AGIR POUR LA PLANETE ?

Je pense que vous avez compris qu’adopter un régime végétarien – ou végétalien, car l’industrie des oeufs et du lait est aussi concernée – peut contribuer à préserver la planète en limitant la déforestation.

Mais, si vous n’avez pas envie de changer drastiquement vos habitudes, une simple diminution de la consommation de viande à grande échelle aurait des impacts écologiques énormes. Quand on sait que 3 millions d’animaux sont abattus chaque jour en France, imaginez l’impact gigantesque qu’aurait 1 journée sans viande par semaine !

Alors, vous sentez-vous prêts à faire bouger les choses ?

Si vous avez aimé cet article, partagez-le ! C’est en diffusant au maximum ces informations qu’un véritable changement pourra se mettre en place dans nos vies, et dans celles des générations à venir. Pour une planète plus verte réduisons notre consommation de viande !

foret amazonienne bresil

Crédit photoGuillaume Pelinski

Sources :

  1. Vegplanete
  2. WWF : « Viande, un arrière-goût de déforestation »
  3. Association Végétarienne de France : article « Déforestation »
  4. Le Monde « Les français ont de moins en moins d’appétit pour la viande »